Et pourquoi pas la co-lecture ?

C’est Daniel Pennac dans son livre « comme un roman » qui pose la question. Que sont devenus les enfants qui, dans leur prime jeunesse, guettaient l’histoire du soir ? Pourquoi, une fois adolescent, ils renâclent, rechignent même parfois, à ouvrir une lecture, pourtant imposée par l’école ? Où est passé le plaisir de lire, l’émerveillement devant des mots nouveaux, le rire à gorge déployé après une situation cocasse, l’effroi après un énième rebondissement ?

Pourquoi, avec les années, lire devient une contrainte et plus un plaisir ?

Daniel Pennac a une intuition. Elle est pragmatique. Si les enfants aiment lire petits, c’est parce que l’on passe un temps exclusif avec eux. L’écrivain évoque un moment quasi sacré, presque religieux où un monde se partage entre un parent, un enfant et un récit. Plus tard, un des éléments disparaît : le parent. Au nom des années qui passent, on les laisse seuls face à leur histoire. En s’effaçant, l’adulte emporte avec lui, une composante forte de la lecture du soir : une forme d’amour.

Tout cela pose une autre question. Existe-t-il un âge limite comme il y a des âges limites pour pratiquer la co-lecture ?

La réponse est… NON !

L’histoire qui suit est authentique. Amélie a aujourd’hui 19 ans. Depuis qu’elle est petite, sa Maman lui lit une histoire ou un chapitre d’histoire chaque jour. Oui, chaque jour !

Les parents d’Amélie se sont séparés. Une semaine sur deux, la jeune fille a vécu en alternance chez l’un et chez l’autre. En dépit de cette situation, sa maman n’a jamais sacrifié à leur rituel quotidien. La co-lecture se faisait par téléphone…

Moi-même, dans ma famille, je pratique la co-lecture. Chaque soir est un moment où je partage avec mes deux derniers enfants (ils ont aujourd’hui 9 et 10 ans) nous dévorons des histoires. L’opération prend entre 20 et 30 minutes chaque soir. C’est peu et beaucoup à la fois. Peu en termes de temps et beaucoup en termes de résultat. Il ne se passe pas un soir sans que mes filles n’apprennent des mots nouveaux, n’entendent dans ma bouche une anecdote à propos d’un mot, d’une histoire ou d’une règle de grammaire.

Tout est prétexte à discuter et à s’enrichir, à ouvrir et à fermer une parenthèse dans la journée. À nous plonger dans le fantastique et le merveilleux pour mieux mettre des mots sur le réel.

Que sont trente minutes par jour ? Cela représente un total de 180 heures de lecture et de culture générale par an. Trente minutes par jour, c’est plus d’une semaine de lecture parmi les 365 jours de l’année. Je parle d’expérience, trente minutes par jour, c’est plus de 8 000 pages diverses de romans, de poèmes et même d’articles de journaux éclairants. Dans ces 8 000 pages s’étalent plus de 15 millions de mots chaque année. Imaginez l’impact de ces 15 millions de mots par an qui se frottent à un enfant en plein devenir, en pleines interrogations, en pleine évolution ?

15 millions de mots ?

À l’heure des écrans tous puissants, je vais oser une comparaison audacieuse. Rappelez-vous une seconde de vidéo représente autour de 25 images. Que valent 15 millions d’images ? 625 000 secondes, soit 170 heures de vidéo.

Or, que pensez-vous qui marquera à jamais l’édification d’un enfant ?

170 heures de vidéo ou 8 000 pages de livres ?

Des livres bien sûr ! N’importe qui peut solidifier comme jamais une vie, surtout celle d’un ado ! Il suffit de 30 minutes par jour. 

L’Histoire avec un grand H

C’est officiel ! Épistoire ce  ne sont plus seulement des livres. Notre maison édite désormais des journaux. Oui, vous avez bien lu. Pas un, mais deux journaux, deux hebdomadaires pour être précis.

Bienvenue donc à Épistoires de France ainsi qu’à Épistoires de 1939-1945. Ces deux journaux ont de nombreux points en commun. Tout d’abord, ils s’adressent aux plus jeunes afin de les sensibiliser à l’Histoire, celle avec un grand H. Ensuite, ils sont volontairement accessibles à tous. Compilés sur quatre pages, ils font la synthèse de l’actualité de la semaine.

L’actualité de la semaine ?

Oui, vous avez bien lu. L’actualité de la semaine.

Dans chaque numéro, nous présentons ce qui s’est passé les jours de cette même semaine dans notre histoire ou celle du monde. Et pour ne pas tomber dans le piège l’Histoire qu’on découvrirait de façon décousue, nous avons développé des frises historiques originales. Les grands événements de la semaine sont systématiquement remis dans leur contexte. Un événement historique est toujours l’enfant d’autres événements. Les causes sont-elles pas comme les fleuves qui se jettent dans les mers.

Volontairement, nous avons souhaité que nos abonnements soient accessibles au plus grand nombre. Chaque numéro coûte 2 euros, soit 48 euros pour près de six mois (24 numéros). C’est un budget abordable pour qui souhaite être confronté à une grosse quinzaine d’articles et de brèves. Nos deux journaux ont aussi bien été conçus pour les enfants individuels que pour les classes ou pour les bibliothèques.

Nous espérons de tout cœur que vous trouverez leur lecture aussi passionnante que nous avons pris du plaisir à imaginer ces journaux. D’autant que vous n’êtes pas au bout de vos surprises. D’autres petites choses sont à venir…

A suivre…

 

Vive les dyslexiques !

Depuis quelques jours, Épistoire propose une collection spéciale dyslexiques de chacun de ses textes.

Ce projet de longue haleine remonte à un peu plus d’un an. À l’époque, nous avons été confrontés à de nombreux parents qui nous ont demandé si nous pensions faire quelque chose en faveur des dyslexiques. Nous ne pouvions leur répondre non. Être « dys » peut virer au cauchemar lorsque l’on est un enfant dys ou un parent confronté à ce handicap.

Nous avons donc retroussé nos manches et inlassablement expérimenté les formules pour trouver la meilleure des mises en page. Dont acte ! C’est ainsi qu’est née notre collection Dys-Positive + : des lettres spécialement conçues pour les dys et qui se transforment en livre personnalisé au nom de l’enfant

Le nom de notre collection en dit long sur notre perception des troubles dys. Être dys est un frein, mais c’est également une chance. Proposer à des dys, des textes adaptés à eux, est bien plus qu’une nécessité. C’est une obligation morale et collective. Nous devons tous nous mobiliser pour que les dys puissent s’accrocher dans la lecture.

Notre amie Katinka qui collabore régulièrement avec nous est une pro des réseaux sociaux et de la formule bien troussé. Elle peut en témoigner car Katinka est une ancienne dys. Le mot « ancienne » est important. On peut surmonter une dyslexie en la dépassant. De célèbres dys tels que Picasso, Jules Verne, Einstein, Léonard de Vinci, Beethoven, Mozart, Winston Churchill ou Agatha Christie en sont la plus belle illustration.

Je ne résiste pas à conclure sur un texte, transmis pas Katinka. Il s’agit de la bouleversante lettre d’une dyslexique, devenue adulte, qu’elle a écrit à l’enfant qu’elle était.

Juste avant, je tiens à remercier toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont participé à a mise au point de notre collection Dys-Positive + et à son enrichissement permanent : Marine, Hélie, Sybille et Diego (à Bruxelles), Sibylle (à Paris), Zoé, Valérie, Inès, Louis-Marie Sophie, Bénédicte… Et bien entendu, chacun des Talents de l’Esat Plaisance, sans qui Épistoire ne pourrait fonctionner.

La lettre de Pip Jamieson, dyslexique et fondatrice de « The Dot ». À lire si vous êtes parent d’un enfant dyslexique, autiste, TDAH, dyspraxique ou si c’est vous l’êtes.

Chère Pip,

Je sais que tu es aux prises avec ta dyslexie en ce moment, et j’aimerais être là pour te faire un gros câlin.

Il n’y a pas de honte à ce que tu traverses. Oui, c’est véritablement frustrant que ton cerveau fonctionne tellement plus vite que ton stylo et qu’il soit difficile de  transcrire en mots, les idées qui sont dans ta tête.  Mais, c’est parce que ton cerveau est connecté d’une manière étrange et merveilleuse 🙂

Ne te laisse pas abattre – les années à venir vont être difficiles – vraiment difficiles ! 

Tu continueras à prendre du retard à l’école… La lecture et l’écriture te sembleront parfois des exploits impossibles.  Certaines personnes te traiteront d’imbécile, et même, certains de tes professeurs !  Mais ne le laisses pas abattre par ces idiots.

D’ici peu, tu leur seras reconnaissant d’avoir construit en toi, un puits profond de résilience et de détermination pour leur prouver qu’ils ont tort. Je suis si fière de toi pour avoir travaillé si dur ! Je sais qu’il n’est pas amusant de manquer du temps avec tes amis pour suivre des cours de rattrapage.

Je te promets aussi que toutes ces soirées tardives, passées avec une lumière sous ta couette en train de lire et d’écrire en vaudront la peine. Un jour, cela deviendra plus facile, et même si ce n’est pas le cas en ce moment, ce jour-là, tu vivras ta dyslexie comme une superpuissance.

Être dys donne des dons d’empathie, de résilience, d’intuition et de créativité. Or, ces dons deviendront les éléments les plus précieux de ton avenir.  Un jour, tu réaliseras que ton cerveau fait des liens comme personne. C’est pourquoi 35% des entrepreneurs et 40% des millionnaires autodidactes sont dyslexiques…

Des personnalités de premier plan comme Richard Branson, Anita Roddick, Steve Jobs et même la belle Holly Tucker ont connu la dyslexie.  Si beaucoup de gens rêvent d’être des entrepreneurs Pip chérie, la dyslexie signifie que toi, tu es vraiment faite pour cela. 🙂

Alors continue de t’accrocher, mon enfant, une fois que tu t’en sortiras, tu seras capable de traverser n’importe quoi !

Je t’embrasse,

Pip Jamieson, fondatrice et PDG de The Dots

Cliquez ici pour lire le texte original en anglais.

 

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London, UK

Pourquoi Épistoire ?

Et épiZ devint Épistoire.

ÉpiZ n’est plus notre nom. Désormais, nous sommes Épistoire. Épistoire comme épisode, épistolaire et histoire. L’évidence s’est imposée. Épistoire était le choix idéal pour accompagner notre croissance continue depuis notre lancement.

Épistoire n’en reste pas moins est un choix audacieux à l’image de notre service unique au monde. Ce nom est à la fois plus moderne et davantage tourné vers la tradition que ne l’était épiZ.

Avec Épistoire, les grandes lignes de ce qui a contribué à notre succès ne changent pas. Nous continuons à envoyer des histoires par lettres postales aux enfants de 4 à 14 ans aux quatre coins du monde. Nos histoires restent volontairement sans image et font la part belle au vocabulaire, à l’art du suspens et de la digression, mais aussi à une originalité qui fait l’unanimité : nos abonnés transforment leurs lettres en livre. Chaque épisode reste orné d’un timbre de collection (certains ont plus de cent ans) et toutes nos enveloppes sont calligraphiées à la plume et scellées à la cire.

Rien ne change donc ? Si ! Les fondamentaux demeurent, Épistoire se veut plus riche que jamais. De nouvelles séries font donc leur apparition dans notre catalogue d’histoires exclusives. Ce n’est pas tout. Pour toujours plus de lisibilité, la mise en page des textes évolue également.

Nos formats s’enrichissent également. Désormais tout abonné peut recevoir ses lettres dans quatre formats :

Mais le plus grand changement n’est pas là. Pour répondre à la demande toujours croissante de nos abonnés et nous accompagner dans notre croissance, la question s’est posée de nous équiper avec un matériel toujours plus performant. Nous avons rencontré un grand nombre de fabricants et de distributeurs de machines spécialisées dans le tri, le pliage et le timbrage de nos lettres. Nous n’avons donné aucune suite. Pourquoi ?

Parce qu’Épistoire a fait une immense rencontre qui a changé notre vie et notre façon de produire et d’envoyer nos lettres : les extraordinaires travailleurs handicapés de l’ESAT Plaisance à Paris (www.apte.paris). Jour après jour, ces talents, comme nous les appelons, assument toute notre logistique avec un brio qui force le respect. Leur bon sens et leur engagement en faveur des enfants nous ont permis d’améliorer notre façon de travailler. Qu’ils en soient remerciés. Avec nos talents, les abonnés à Épistoire ont la certitude que leurs lettres seront toujours uniques, car réalisées par des êtres humains extraordinaires, pour des enfants forcément extraordinaires.

Toute notre philosophie est résumée dans ce partenariat avec l’ESAT Plaisance. Aucune machine ne sera jamais capable d’offrir de l’attention, du soin ou de l’amour à quiconque. En humanisant chacune de nos lettres, pliées, calligraphiées, timbrées et scellées à la cire manuellement, Épistoire ne fait pas seulement un clin d’œil à la tradition. Épistoire remet au goût du jour ce qui a nourri l’art de la correspondance et du feuilleton afin de tirer les enfants vers le haut afin d’en faire des géants en leur offrant de trouver le goût de la lecture.

www.epistoire.fr

 

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épiZ devient Épistoire

Vos histoires préférées ont un nouveau nom !

 

Épistoire, comme « épistolaire » et « histoire ». Tout simplement.

Simple, comme notre offre d’histoires par lettres.

Un nouveau nom, un site rafraîchi, mais toujours les mêmes histoires, dans les mêmes enveloppes soignées, au nom de l’enfant, envoyées régulièrement pour lui permettre de lire chaque soir son histoire.

Abonnez-le, ré-abonnez le !

 

 

Fait à la main

Il y a des années de cela, un après-midi d’août, en Bourgogne, je paressais dans le jardin d’une vieille maison de famille solidement installée sur un plateau. Un puissant orage est venu frapper la vallée. Les éclairs frappaient les abords de la merveilleuse cité de Cluny. Des grosses gouttes d’eau chaude me visèrent. Au début, elles étaient éparses. Puis, elles tombèrent en ordre serré, m’obligeant à me réfugier dans la bibliothèque. C’est là, où attendant que le ciel s’apaise, que mon regard fut attiré par une magnifique collection de la Pléiade. Un ouvrage avait été mal rangé. Sa tranche dépassait : le tome I des Œuvres de Paul Valéry. Machinalement, je m’en saisis et je l’ouvris à une page au hasard. C’est là que, vers la fin, le texte m’a sauté aux yeux. Au beau milieu du Discours aux chirurgiens, Paul Valéry avait rédigé le plus bel éloge de la main.

Je n’ai jamais oublié ce texte que je reprends régulièrement. En 2018, évoquer la précision des mains peut sembler anachronique, tant les machines aiment suppléer à l’universalité de l’organe du toucher et de la préhension. Jadis, on écrivait à la main et les typographes mettaient en page à la main. Désormais, ce sont les doigts qui saisissent un texte. Ce sont les seuls pouces et les index qui écrivent en rafale sur les écrans des téléphones intelligents. La main n’est plus qu’un support.

Chez Épistoire, cette mécanisation extrême ne nous a pas échappé. Tout au long de notre développement, nous nous sommes posés la question de la place que le travail manuel devait conserver dans notre activité. Il existe aujourd’hui toutes sortes de machines industrielles qui ont été conçues pour faciliter notre travail d’éditeur épistolaire. Outre les timbreuses, il y a des plieuses qui mettent sous enveloppes. Ces engins sont des monstres de précision et d’efficacité. Le bon sens moderne voudrait que l’on en possède plusieurs.

Mais non.

Nous avons fait le choix d’une autre radicalité : le savoir-faire manuel. Toutes nos missives sont ornées à la main de timbres de collection. Toutes nos enveloppes postales sont calligraphiées à la main et scellées à la cire. Toutes nos lettres sont amoureusement pliées par nos talents qui, jour après jour, envoient des dizaines de courriers aux quatre coins du monde. Ainsi, les enfants abonnés sont certains d’avoir des lettres uniques au monde : manuscrites et à leur nom.

Impossible de poursuivre, sans vous parler de notre fierté de travailler avec nos Talents. Il s’agit d’hommes et de femmes employés par l’Esat Plaisance. De 9 heures à 17 heures, chaque jour, dans une ambiance chaleureuse, nos textes, nos enveloppes et nos timbres sont étalés sur de gigantesques tables autour desquelles des mains habiles s’empressent de les trier, de les plier, de les réunir et les envoyer. Sans eux, Épistoire ne pourrait pas connaître sa réussite. Qu’ils soient ici remerciés. Et qu’il trouve dans ces quelques lignes, un hommage à leur savoir-faire et une promesse : tant qu’Épistoire aura des abonnés, ils auront notre confiance.

Abonner un enfant à nos histoires, c’est aussi leur garantir une activité professionnelle pérenne. Les machines passent et trépassent au gré des mises à jour. Mais, le travail manuel de ces hommes et de ces femmes demeure et contribue à produire un impact exceptionnel sur nos jeunes abonnés en leur offrant des textes hors du commun dans un écrin de papier et de savoir-faire séculaire.

Le goût des histoires et de l’Histoire

Le goût du récit est inhérent à notre famille. La genèse d’épistoire se fonde sur une flatteuse généalogie de conteurs et d’écrivains qui nous ont transmis le goût des histoires. Depuis tout petit, je sais l’importance de la digression dans une narration. Je me souviens des commentaires de certains de mes professeurs qui me reprochaient de ne pas aller à l’essentiel.

Chacun de mes quatre enfants a toujours aimé lire. Mais ce n’est pas là ma plus grande fierté. Nous avons tous une passion commune : l’Histoire avec une majuscule. Ce n’est donc pas un hasard si la plupart de nos récits imaginaires s’appuient sur l’Histoire et la Géographie. Un ami érudit n’a pas manqué de noter que les premières lignes de l’océan des mystères mettant en scène Achille et Pénélope pour les 4-6 ans, commencent par la discrète évocation du tremblement de terre qui ravagea Lisbonne en 1755. L’événement n’a aucun autre impact sur le récit sinon qu’il pousse la famille d’Achille et Pénélope à partir pour l’Amérique, autrement dit pour le Brésil.

À bien y regarder, il n’est pas un seul récit pour lequel je n’ai fait des recherches afin de traquer la moindre incohérence. Ce n’était pas par crainte de tomber sur un spécialiste qui allait nous chercher querelle. Non ! Mais bel et bien parce que nous nous adressons à des enfants. De la petite enfance à l’adolescence, ce sont des éponges. Ils retiennent tout. Absolument tout ! Autant, dans ces conditions, faire en sorte qu’ils mémorisent des événements ou des lieux bien réels, à l’image de ce qu’ils découvrent lors des voyages de Dove la Colombe, un sympathique volatile qui s’aventure dans les plus grandes et belles régions d’Europe ou d’Augustine qui sillonne la France et la Belgique sur nos paisibles canaux.

Les férus d’Histoire – je maintiens volontairement la majuscule – se retrouveront dans nos récits de la « Génération Collège » (11-14 ans). Il n’est pas une série qui ne s’appuie sur le passé, à commencer par Antonia, voyageuse temporelle. Notre héroïne nous fait aussi bien découvrir l’Angleterre victorienne, que le temps des rois Francs ou encore le haut Moyen-Âge. Les aventures du capitaine Moustache s’étirent du début du XVIIIe siècle jusqu’à la fin du XXe siècle. Malo, corsaire de Louis XIV, sévit lors de la guerre avec l’Espagne dans les années 1650. Kallistos nous plonge en 235 avant Jésus-Christ à Alexandrie des années après le partage d’Alexandre le Grand par ses généraux. Quant à Héroïques, le texte prend prétexte de la croisade des enfants en 1212 qui pensaient pouvoir aller délivrer Jérusalem avec la seule force de leur foi.

Lire nos histoires, ce n’est pas seulement se divertir ou ritualiser ses soirées, c’est semer des graines de culture générale dans l’esprit de nos enfants. Lorsque nous écrivons que nous leur suscitons le goût de la lecture, ce n’est pas simplement parce que les intrigues sont prenantes. Il faut rendre à César ce qui est César : c’est parce que nos récits s’appuient sur l’aventure humaine passée et présente. C’est parce que les mots font, quoi qu’on en dise, davantage voyager que les images. C’est parce que lire régulièrement tend à les confronter à des situations qui complètent ou vont bien au-delà des programmes scolaires. En un mot, lire contribue à faire de nos enfants des géants.

 

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Vive le passé simple !

Il fut un temps où la question ne se posa jamais : le temps où la simplicité l’emportait toujours sur la complication. Mais les temps changèrent. La complication prit le pas sur la simplicité au point de s’ériger en règle.

Vous l’aurez compris, je parle du passé simple.

Écrire un billet sur ce thème ne faisait pas partie de mes plans. L’idée même d’aborder le thème me fut soufflée par la grand-mère d’une récente abonnée. Cette ancienne professeur de français et de latin voulait avoir l’assurance qu’avec Épistoire, sa petite-fille pourrait lire des textes où le passé simple n’était pas ostracisé.

Le problème a été soulevé par mon ancienne consœur au « Point », Émilie Trévert dans un papier qui, depuis, a fait florès. L’étouffement de ce temps verbal, jugé élitiste et complexe, serait en cours. L’éducation Nationale et la littérature jeunesse auraient depuis longtemps réglé le sort de cet infortuné. L’égalitarisme, ou encore la médiocrité des enseignants seraient responsables de cette mort programmée au profit du passé composé, plus facile d’usage et beaucoup moins cérémonieux.

Chez Épistoire, jeune maison d’édition moderne, la question du passé simple ne s’est jamais particulièrement posée. On le retrouve dans la plupart de nos textes pour une raison importante. Nombre de nos histoires se déroulent dans le passé (Antonia voyage dans le temps, le capitaine Moustache traverse le temps, Kallistos vit au troisième siècle avant Jésus Christ, etc.). Il nous est totalement impossible de mettre sous silence un temps qui exprime une « action qui a eu lieu et qui s’est achevée dans le passé« .

Et d’ailleurs, existe-t-il vraiment un complot ourdi contre le passé simple ?

Le Figaro a publié une remarquable interview de Madame Claire Beilin-Bourgeois, une professeur de lettres et coauteur du « Guide de l’orthographe« . Ses propos remettent en perspectives la situation. Non, le passé simple continue d’être au programme officiel de l’Éducation Nationale et oui, les usages modernes, l’internet notamment, paupérisent son usage au quotidien.

La problématique du passé simple est emblématique de notre monde qui n’a jamais cessé de se transformer. Une langue telle qu’on la pratique n’est que la photographie d’un usage à un moment donné. Or, une langue est beaucoup pus riche et beaucoup plus vaste qu’une photographie.

La vraie raison de s’alarmer du déclin de l’usage du passé simple est ailleurs. Les jeunes lisent moins et écrivent moins que leurs aînés. C’est un fait incontestable. Ce sentiment gratifiant de vivre dans une perpétuelle urgence conduisant à entretenir des correspondances simplifiées et abrégées avec des centaines d’interlocuteurs esquinte le français. L’oral devient obèse et prend ses aises sur le terrain de l’écrit où une règle non écrite nous suggère est qu’il suffisant de se faire comprendre.

Nos enfants n’en feront pas l’économie. Il est inconcevable qu’ils passent à côté du passé simple. Le risque est, en effet, réel. Ils doivent lire et se forger une belle autonomie en s’appuyant sur toutes les finesses et les subtilités que nous offre notre langue. Offrez-leur des livres, des classiques, comme des modernes, où le passé simple est admirablement conjugué. Mais surtout apprenez-leur à modérer leurs enthousiasmes électroniques en leur apprenant que le passé simple aime les SMS et les publications sur les réseaux sociaux et qu’il n’aime pas les interminables soaps télévisuels et le cinéma grand public où les seuls utilisateurs du passé simple sont des caricatures de savants ou de lettrés pédants.

Tiens, mais revoilà mon vieil ennemi : les images animées que l’on consomme sans modération au prétexte qu’elles se digèrent sans effort et permettent de passer le temps.

A l’aube de l’été 2018, il n’est jamais trop tard pour enrayer la folle machine de la simplification du monde. Offrons-lui davantage de passé simple et simplifions son usage en le banalisant au quotidien ! Chiche ? Et tant que l’on y est : proposons à nos enfants d’écrire un peu plus, « à l’ancienne », et qu’ils présentent leurs vœux comme on le faisait jadis : avec du vrai papier que l’on met dans de vraies enveloppes timbrées. Ils y gagneront beaucoup plus qu’il n’y paraît.

 

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Lire et faire lire

Le niveau de lectures des jeunes Français de CM1 est en baisse. Les résultats de l’étude internationale Pirls ont sans ambiguïté. Les élèves saisissent moins le sens des textes qu’on leur soumet.

Les causes peuvent être multiples. Mon propos n’est pas d’entrer dans le débat des méthodes d’apprentissage de la lecture, il est une évidence, il est impératif de multiplier les occasions de lecture aux enfants.

Il y a cinquante ans, les petits élèves français faisaient encore une dictée par jour. Cette politique a eu un mérite : faire en sorte que des générations entières maîtrisaient l’orthographe. Dans le même temps, on rappelait que l’unique source de la culture et du savoir passait par les livres. C’est encore largement le cas. La multiplication des écrans a beau faire vaciller cette vérité, aujourd’hui, rien de tel qu’un livre, pour apprendre et comprendre notre monde. Or, pour saisir les plus subtiles nuances d’un monde, il est essentiel d’en maîtriser les finesses : le sens des mots et de la grammaire. On doit lire comme on fait des gammes : régulièrement.

Il n’y a pas de recette miracle pour donner le goût de la lecture aux enfants. Mais il y a de nombreuses pistes. Il faut, tout d’abord, prendre le temps le temps de lire avec eux. Cette étape d’accompagnement pose des bases déterminantes pour l’avenir : celles du mimétisme. Des parents multiplient ainsi des petites astuces pour que l’enfant saute le pas. Ils commencèrent à lire un paragraphe et incitent le jeune enfant à prendre la relève. Pour les plus jeunes encore, ils les invitent à reconnaître les lettres. L’idée n’est pas de se substituer à l’apprentissage fait à l’école, mais de rendre ludique et efficace les minutes de la lecture le soir.

Pour les plus grands, je ne connais pas d’autres secrets que la surprise. Il faut que les enfants aient envie de se plonger dans les livres. Or, pour cela, rien de tel qu’Épistoire ! La forme de nos récits épistolaires, aussi que le fond (le suspense systématique d’un épisode à l’autre) conduisent les enfants à gérer une impatience. Ils n’ont pas d’autre solution que d’attendre la suite. Ils se plongent alors dans l’épisode suivant avec délectation. Les jours passent et les semaines s’enchaînent. Sans grand effort, Épistoire leur aura faire lire, sans effort, autour de 200 pages mensuelles.

Nos lettres ont un mérite. Contrairement à un livre qui peut sembler vertigineux avec sa pagination importante, nos abonnés ne voient passer que quelques pages par jour. L’effort à fournir pour aller au terme de l’histoire semble alors négligeable pour l’enfant.

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Place aux nouvelles formules !

Par Olivier Bruzek

épiZ diversifie la palette de ses abonnements. En plus de notre abonnement de trois mois / six mois, comprenant 91 lettres, nous proposons désormais un abonnement mensuel. Celui-ci se compose de 28 lettres, autrement dit de 28 épisodes à distribuer aux enfants quotidiennement. Comme toujours, chacune de nos lettres est ornée d’un timbre de collection et l’enveloppe d’expédition est scellée à la cire et calligraphiée à la plume. Et comme toujours, chacun de nos courriers est prêt à être expédié aux quatre coins du monde.

Pour découvrir épiZ, nous offrons enfin une formule deux semaines composée de 14 lettres.

Mais ce n’est pas tout. Nous proposons désormais une nouvelle formule adaptée aux familles : le panachage des lettres entre enfants.

Jusqu’à présent, chaque enfant était tenu de s’abonner pour recevoir des lettres. Désormais, il suffit de nous contacter par mail à edition@epiz.fr afin que nous élaborions ensemble un programme d’envoi adapté à chacun des enfants de votre famille, tout en ne souscrivant qu’à un seul abonnement.

Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas !