Blog : la Brigade Anti-Martiens

Par Olivier Bruzek

Surprise ! Nous venons de diffuser une nouvelle série dont je ne vous avais jamais parlé. Elle s’adresse aux 7-10 ans et s’intitule la Brigade Anti-Martiens. Laissez-moi vous présenter le cadre. Sur Vénus habitent les Vénusiens qui doivent supporter des températures d’environ 465 degrés, proximité du soleil oblige. Les Vénusiens, capables de prendre forme humaine, ne dédaignent pas venir sur Terre, le temps de quelques vacances pour y profiter de la fraîcheur ambiante. Ce peuple, issu d’une civilisation très avancée, est naturellement conciliant et pacifique. Ils sont aux antipodes du peuple martien qui doit endurer tout au long de l’année des températures moyennes de -63 degrés.

Les Martiens ne sont pas seulement bêtement belliqueux, ils également envieux. Régulièrement, ils tentent d’envahir la Terre afin de la coloniser. Les grandes puissances terriennes ont toujours pu compter sur la collaboration des Vénusiens qui voient d’un mauvais œil les rêves martiens de conquête. C’est ainsi qu’en France, on a installé la BAM (la Brigade Anti-Martiens) qui dépend de la PAF (la Police de l’Air et des Frontières).

De semaine en semaine, nous lecteurs vont pouvoir suivre les aventures du Brigadier Velchor et de ses compatriotes qui traquent les Martiens réfugiés sur Terre et qui sont prêts à tout pour coloniser notre planète bleue.

Je profite de ce billet pour vous donner des nouvelles d’Antonia, voyageuse temporelle chez les 11-14 ans. Nos abonnés vont retrouver ses aventures dans « le serment de Clovis« . Notre voyageuse temporelle va en 496 sur le site de la future bataille de Tolbiac qui va opposer les Francs aux Alamans. Elle va y faire une rencontre très importante qui va peser lourd lors de ses prochaines aventures.

Pour les 4-6 ans, Achille et Pénélope poursuivent leurs aventures sud-américaines et sont confrontés à un « amour d’anaconda« . Je ne vous en dis pas plus…

Très bon week-end à tous !

 

Blog : notre bonne résolution de 2018…

Mes chers amis,

Je vous souhaite, avant tout, à tous une très belle année 2018.

En un mot comme en cent, soyez certains d’une chose, pour épiZ, elle promet d’ores et déjà d’être radieuse. Vous êtes, en effet, de plus en plus nombreux à nous rejoindre et pour cela nous vous en remercions.

2017 a été une grande année car elle demeurera l’année du lancement de nos lettres postales.

2017 fut aussi l’année du lancement de nouvelles séries originales comme Antonia, voyageuse temporelle, le capitaine Moustache et Malo, corsaire de Louis XIII pour les 11-14 ans.

En plus d’Achille et Pénélope, et de Dove la Colombe, les 7-10 ans peuvent désormais compter sur Oxana, vétérinaire de l’extrême. Quant aux 4-6 ans, 2017 leur a offert Gérard le Guépard et le chat Balthazar dont la spécialité est de s’attaquer aux méchants cauchemars qui perturbent le sommeil des enfants.

2017 ne peut pas se résumer pour nous à des nouvelles histoires. C’est aussi un nouveau format A5 qui permet de transformer les lettres que reçoivent les enfants en un livre.

2017 fut aussi pour nous un partenariat entre épiZ et Coquelicot, une librairie de Montparnasse (2 rue Campagne-Première, 75014 Paris) où l’on peut acheter nos histoires hebdomadaires dans des berlingots originaux.

En 2018, nous n’allons pas nous arrêter en aussi bon chemin. D’ores et déjà, de nouvelles séries sont programmées. Quelques-uns de nos abonnés ont ainsi reçu Opus, une série pour les 11-14 ans qui met en scène sur fond d’espionnage, les aventures d’une jeune femme entre Paris et New York. Pour les 7-10 ans, dans quelques jours, ils vont accueillir la Brigade Anti-Martiens. Quant aux plus jeunes, deux nouvelles séries s’apprêtent à voir le jour : « Ragueneau, le pâtissier poète » et « la Péniche de Monsieur Auguste » qui sillonne les canaux et les rivières de France.

Notre objectif en 2018 est de continuer à surprendre chaque semaine les parents et les enfants. Ceux qui nous reçoivent le savent bien, épiZ est atypique en de nombreux points. Envoyer des lettres postales avec des histoires originales aux quatre coins de la France et à l’autre bout du monde peut sembler rétrograde. C’est pourtant d’une modernité extraordinaire.

 

Je m’arrête quelques instants sur le mot « moderne ». Le petit Robert en donne une bonne définition : « Qui bénéficie des progrès récents de la technique, de la science ». Or, qu’on le veuille ou non, la Poste et la technologie n’ont jamais été aussi performantes. Grâce à ces deux énergies combinées, nos lettres dédicacées arrivent à l’autre bout du monde en quelques jours seulement avec un taux d’égarement de… Zéro.

 

Et avec quel résultat ! C’est extraordinaire de voir l’accueil que les enfants réservent aux courriers personnalisés qui leur sont destinés. L’absence d’image aurait pu être un frein, mais elle est un plus. Elle titille et dope leur imaginaire. De plus, confronter les enfants à des mots ou à des temps verbaux soi-disant désuets leur permet de s’approprier chaque jour un peu plus notre magnifique langue française.

Pour continuer sur notre lancée, je peux vous dévoiler que nous allons offrir très prochainement un service postal d’histoires pour les 15-25 ans. Mais ce n’est pas tout. Les 25 ans et plus ne vont pas être oubliés. Je ne peux pas trop vous en dire non plus, sinon que le format sera original et inédit et que des tests ont actuellement lieu en France et dans le monde…

Mais ce n’est pas tout. Dans quelques jours, vous allez découvrir notre nouveau site avec de nouvelles rubriques plus lisibles et exclusives et notamment un magasin en ligne où vous découvrirez quelques-uns de nos futurs partenaires.

L’année commence fort. Mais elle ne fait que commencer. Tout au long de 2018, nous allons essayer de vous étonner régulièrement vous et vos enfants. C’est notre bonne résolution. Et cela tombe bien : c’est un domaine où nous ne manquons pas d’idées !

Bonne année à tous et à toutes !

Vive le passé simple !

Il fut un temps où la question ne se posa jamais : le temps où la simplicité l’emportait toujours sur la complication. Mais les temps changèrent. La complication prit le pas sur la simplicité au point de s’ériger en règle.

Vous l’aurez compris, je parle du passé simple.

Écrire un billet sur ce thème ne faisait pas partie de mes plans. L’idée même d’aborder le thème me fut soufflée par la grand-mère d’une récente abonnée. Cette ancienne professeur de français et de latin voulait avoir l’assurance qu’avec épiZ, sa petite-fille pourrait lire des textes où le passé simple n’était pas ostracisé.

Le problème a été soulevé par mon ancienne consœur au « Point », Émilie Trévert dans un papier qui, depuis, a fait florès. L’étouffement de ce temps verbal, jugé élitiste et complexe, serait en cours. L’éducation Nationale et la littérature jeunesse auraient depuis longtemps réglé le sort de cet infortuné. L’égalitarisme, ou encore la médiocrité des enseignants seraient responsables de cette mort programmée au profit du passé composé, plus facile d’usage et beaucoup moins cérémonieux.

Chez épiZ, jeune maison d’édition moderne, la question du passé simple ne s’est jamais particulièrement posée. On le retrouve dans la plupart de nos textes pour une raison importante. Nombre de nos histoires se déroulent dans le passé (Antonia voyage dans le temps, le capitaine Moustache traverse le temps, Kallistos vit au troisième siècle avant Jésus Christ, etc.). Il nous est totalement impossible de mettre sous silence un temps qui exprime une « action qui a eu lieu et qui s’est achevée dans le passé« .

Et d’ailleurs, existe-t-il vraiment un complot ourdi contre le passé simple ?

Hier matin, le Figaro a publié une remarquable interview de Madame Claire Beilin-Bourgeois, une professeur de lettres et coauteur du « Guide de l’orthographe« . Ses propos remettent en perspectives la situation. Non, le passé simple continue d’être au programme officiel de l’Éducation Nationale et oui, les usages modernes, l’internet notamment, paupérisent son usage au quotidien.

La problématique du passé simple est emblématique de notre monde qui n’a jamais cessé de se transformer. Une langue telle qu’on la pratique n’est que la photographie d’un usage à un moment donné. Or, une langue est beaucoup pus riche et beaucoup plus vaste qu’une photographie.

La vraie raison de s’alarmer du déclin de l’usage du passé simple est ailleurs. Les jeunes lisent moins et écrivent moins que leurs aînés. C’est un fait incontestable. Ce sentiment gratifiant de vivre dans une perpétuelle urgence conduisant à entretenir des correspondances simplifiées et abrégées avec des centaines d’interlocuteurs esquinte le français. L’oral devient obèse et prend ses aises sur le terrain de l’écrit où une règle non écrite nous suggère est qu’il suffisant de se faire comprendre.

Nos enfants n’en feront pas l’économie. Il est inconcevable qu’ils passent à côté du passé simple. Le risque est, en effet, réel. Ils doivent lire et se forger une belle autonomie en s’appuyant sur toutes les finesses et les subtilités que nous offre notre langue. Offrez-leur des livres, des classiques, comme des modernes, où le passé simple est admirablement conjugué. Mais surtout apprenez-leur à modérer leurs enthousiasmes électroniques en leur apprenant que le passé simple aime les SMS et les publications sur les réseaux sociaux et qu’il n’aime pas les interminables soaps télévisuels et le cinéma grand public où les seuls utilisateurs du passé simple sont des caricatures de savants ou de lettrés pédants.

Tiens, mais revoilà mon vieil ennemi : les images animées que l’on consomme sans modération au prétexte qu’elles se digèrent sans effort et permettent de passer le temps.

À l’heure des bonnes résolutions de 2018, il n’est jamais trop tard pour enrayer la folle machine de la simplification du monde. Offrons-lui davantage de passé simple et simplifions son usage en le banalisant au quotidien ! Chiche ? Et tant que l’on y est : proposons à nos enfants d’écrire un peu plus, « à l’ancienne », et qu’ils présentent leurs vœux comme on le faisait jadis : avec du vrai papier que l’on met dans de vraies enveloppes timbrées. Ils y gagneront beaucoup plus qu’il n’y paraît.

Deux choses méconnues à propos d’épiZ

Depuis le lancement d’épiZ Tradition, nous avons parcouru un long chemin. Jour après jour, nous avons sans cesse amélioré notre offre afin de vous offrir des services inédits et sans équivalents sur le marché.

Petit rappel. épiZ envoie des courriers en France remplis d’histoires originaires que j’ai écrites depuis de nombreuses années. A ce jour, plus de 500 épisodes sont disponibles. Notre approche est volontairement artisanale. Nous coupons notre papier pour le mettre au format de nos lettres. Nous collons les anciens timbres de collection. Nous calligraphions les enveloppes hebdomadaires que nous envoyons chaque semaine. Nous allons à pied dans les bureaux de poste déposer nos envois. Nous perforons nous-mêmes nos feuillets afin que l’enfant puisse les transformer en livre.

Mais épiZ, c’est bien plus que cela. Nous proposons deux services originaux.

Le premier, c’est la personnalisation d’un ou plusieurs livres. En offrant un abonnement à épiZ, vous pouvez à tout moment nous écrire pour nous demander d’inclure un mot, quelques phrases, à l’enfant que vous abonnez. Il n’y a pas de champ dédié à cela sur notre site. Il y a un courrier électronique auquel nous répondons toujours, d’humain à humain.

Par courrier électronique, vous pouvez nous demander à activer une option méconnue et, elle aussi, comprise dans l’abonnement. C’est de recevoir vos courriers une semaine sur deux. Un abonnement de 13 semaines, s’étale alors sur 26 semaines. Grâce à ce courrier électronique qui est notre lien permanent, vous pouvez nous demander de modifier votre abonnement, de le suspendre un temps donné, ou encore pour nous signaler un changement d’adresse le temps des vacances. Chaque famille est différente, aussi dans la mesure de nos moyens, c’est avec plaisir que nous nous efforcerons de vous satisfaire.

Olivier Bruzek
edition@epiz.fr

Nos lettres se font livre

 

C’est nouveau et c’est unique ! Chacun de nos abonnés peut désormais transformer ses lettres quotidiennes en livre personnalisé.

En adoptant le format A5, nous avons pris le parti de parti de nous rapprocher du format habituel des romans. Chaque page est désormais perforée de façon standard. Lorsque toutes les lettres ont été ouvertes, les enfants peuvent désormais les relier de façon simple pour les conserver longtemps. Nos livres pourront plus facilement être relus, prêtés, échangés ou rangés. Nos enveloppes qui reçoivent des timbres de collection sont également perforées afin qu’elles puissent se glisser dans le système de reliure, fourni avec chaque nouvelle histoire.

La personnalisation se fait au travers de la mention de son nom et de la date d’impression sur la deuxième page de couverture. Cette exclusivité épiZ est proposée sans modification de nos prix et se fait de façon automatique. À tout moment, pour une occasion spéciale comme un anniversaire, vous pouvez nous contacter afin de demander l’insertion de la dédicace de votre choix.

Nos abonnés vont peu à peu être équipés de ce nouveau système. Actuellement, nous attendons que les histoires en cours, publiées dans notre ancien format, soient terminées pour passer en A5.

Au total, les abonnés recevront jusqu’à douze petits livres tout au long de leur abonnement trimestriel. Et chaque mois, les enfants sont amenés à lire environ 200 pages !

 

retrouvez notre mode d’emploi pour transformer ses lettres en livre

Lire et faire lire

La nouvelle est tombée il y a quelques jours seulement. Le niveau de lectures des jeunes Français de CM1 est en baisse. Les résultats de l’étude internationale Pirls sont sans ambiguité. Les élèves saisissent moins le sens des textes qu’on leur soumet.

Les causes peuvent être multiples. Mon propos n’est pas d’entrer dans le débat des méthodes d’apprentissage de la lecture, il est une évidence, il est impératif de multiplier les occasions de lecture aux enfants.

Il y a cinquante ans, les petits élèves français faisaient encore une dictée par jour. Cette politique a eu un mérite : faire en sorte que des générations entières maîtrisaient l’orthographe. Dans le même temps, on rappelait que l’unique source de la culture et du savoir passait par les livres. C’est encore largement le cas. La multiplication des écrans a beau faire vaciller cette vérité, aujourd’hui, rien de tel qu’un livre, pour apprendre et comprendre notre monde. Or, pour saisir les plus subtiles nuances d’un monde, il est essentiel d’en maîtriser les finesses : le sens des mots et de la grammaire. On doit lire comme on fait des gammes : régulièrement.

Il n’y a pas de recette miracle pour donner le goût de la lecture aux enfants. Mais il y a de nombreuses pistes. Il faut, tout d’abord, prendre le temps le temps de lire avec eux. Cette étape d’accompagnement pose des bases déterminantes pour l’avenir : celles du mimétisme. Des parents multiplient ainsi des petites astuces pour que l’enfant saute le pas. Ils commencèrent à lire un paragraphe et incitent le jeune enfant à prendre la relève. Pour les plus jeunes encore, ils les invitent à reconnaître les lettres. L’idée n’est pas de se substituer à l’apprentissage fait à l’école, mais de rendre ludique et efficace les minutes de la lecture le soir.

Pour les plus grands, je ne connais pas d’autres secrets que la surprise. Il faut que les enfants aient envie de se plonger dans les livres. Or, pour cela, rien de tel qu’épiZ ! La forme de nos récits épistolaires, aussi que le fond (le suspense systématique d’un épisode à l’autre) conduisent les enfants à gérer une impatience. Ils n’ont pas d’autre solution que d’attendre la suite. Ils se plongent alors dans l’épisode suivant avec délectation. Les jours passent et les semaines s’enchaînent. Sans grand effort, épiZ leur aura faire lire, sans effort, autour de 200 pages mensuelles.

Nos lettres ont un mérite. Contrairement à un livre qui peut sembler vertigineux avec sa pagination importante, nos abonnés ne voient passer que quelques pages par jour. L’effort à fournir pour aller au terme de l’histoire semble alors négligeable pour l’enfant.

 

De l’amour des timbres

Par Olivier Bruzek

Nos lettres en papier sont bien plus que des histoires originales en épiZodes. Les nombreux retours d’expérience des premiers abonnés sont formels. Notre concept fait mouche. Il tombe à pic à un moment où l’on s’interroge sur la relation enfant-écran. Et parmi les petits détails qui font mouche, il y a nos timbres. Chacune des sept enveloppes hebdomadaires épiZ remise à l’enfant est ornée d’un timbre de collection.

Tout est parti d’un constat. Aujourd’hui, la philatélie est un art en perdition. Avec l’émergence du e-mail, l’univers du timbre péréclite. Pendant des années, moi-même, reprenant une initiative entamée par ma chère mère, j’ai conservé pieusement des centaines et des centaines de timbres. Puis, voyant le peu d’intérêt de mes propres enfants pour les timbres, je n’ai pas hésité une seule seconde. J’ai décidé de leur offrir une nouvelle vie.

Tout est parti d’un article paru dans le Guardian. C’est là, où je me suis demandé ce que je pouvais faire de mes timbres. Les vendre ? Bof. Les offrir ? Oui ! Voilà pour la génèse. L’évidence s’est alors imposée. Chacun de ces timbres qui avait déjà parcouru des milliers de kilomètres pouvait encore servir en faisant rêver d’autres enfants.

Le croirez-vous, mais Mathieu un fidèle lecteur corse de 9 ans et supporter de l’AC Ajaccio a commencé une collection depuis qu’il reçoit nos timbres. En m’avouant cela, il ne pouvait pas me faire plus plaisir. Merci à toi, mon grand !

A la maison aussi, j’ai fait des émules. Mes filles sont des collectionneuses compulsives. Après avoir entassé les capsules de soda, de bière, et d’eau minérale, elles ont traquées les pièces plus ou moins rares de nos euros. Mais depuis qu’elles ont découvert les timbres, elles estiment avoir un droit de regard sur ceux que j’envoie à nos lecteurs. Mieux, sur la liste de leurs cadeaux de Noël, elles m’ont demandé un album de philatélie.

A la faveur d’épiZ, je redécouvre pourquoi j’ai tant aimé les timbres. Ils sont des reflets fidèles d’autres époques, d’autres cultures. Politiques pour certains, légers pour d’autres, ils sont assurément des témoins, des jalons même, du temps qui passe. Les époques trépassent et les timbres demeurent.

De tout cœur, si votre enfant se découvre une passion pour les timbres à la faveur de ses épiZodes, s’il vous plaît, faites-le moi savoir. C’est avec plaisir que je lui en glisserai quelques autres comme je m’apprête à le faire pour Mathieu. Mais chut ! Pas un mot, il ne le sait pas encore…

 

Lire à haute voix

Par Olivier Bruzek

 

Hier, dans un restaurant du quartier de Montparnasse à Paris, une femme d’une quarantaine d’années déjeunait seule à table. Le restaurant était bondé et l’incessant ballet des serveurs et des clients pressés créaient un fond sonore qui rendait toute conversation difficile.

Cette femme à l’épaisse chevelure avait étalé à côté de son assiette ce qui ressemblait à un manuscrit (enfin, non… un « tapuscrit »  diraient les puristes). Fourchette dans la main gauche, stylo dans la main droite, elle annotait un texte que je ne lui attribuais pas. Je pense que la dame était éditeur et non auteur. Pourquoi ? Parce que ses yeux fronçaient de telle sorte à la lecture de certains paragraphes qu’elle ne pouvait être ainsi horrifiée par sa propre création. Quoique. Le plus intéressant dans ce spectacle de relecture n’était pas les yeux de cette professionnelle. C’était sa bouche. La cliente du restaurant lisait à mi-voix. Grâce à cette arme secrète, rien ne lui échappait.

C’est par la relecture que j’ai découvert l’importance de lire à voix haute ou basse. Un étonnant rédacteur-en-chef, Jean-Pierre Adine, me l’a recommandé alors que je n’étais qu’un jeune journaliste stagiaire. Il m’a expliqué que la voix régulait naturellement la musique de chaque phrase, qu’elle soit courte ou longue. Notre oreille, l’une des meilleures amies de notre cerveau, ravie d’être associée au travail, décèle alors la moindre incohérence de style, de temps ou de vocabulaire. La raison en est simple. L’écrasante majorité d’entre nous a su parler avant de savoir écrire. Et, en général, on parle et on écoute plus une langue qu’on ne la parle.

Lorsque je croise des élèves dans les écoles, je suis toujours surpris de certaines mauvaises habitudes qu’ils prennent : vouloir faire comme les « grands » et lire silencieusement. Je dois alors leur expliquer que lire  mi-voix n’est pas le fait d’une quelconque sagesse ou d’une meilleure maîtrise de la lecture. C’est à mes yeux, prendre un risque plus important de glisser sur certains mots et de perdre le sens clair d’un propos. Qu’on le veuille ou non, une phrase écrite sera toujours plus qu’un sujet + verbe + complément. Lire à haute voix un livre, c’est pleinement utiliser ses cinq sens et ne faire qu’un avec un texte. C’est entendre toute la finesse – la riche patine – d’une idée.

Durant toute l’Antiquité, on a lu à haute, mi ou basse voix. C’était la voie naturelle de l’apprentissage. Le brillant Alberto Manguel dans son « histoire de la lecture » nous apprend que c’est saint Augustin qui a décrit la façon de lire d’Ambroise de Milan, père et docteur de l’Église. Je cite : « Quand il lisait, ses yeux parcouraient la page et son coeur examinait la signification, mais sa voix restait muette et sa langue immobile. N’importe qui pouvait l’approcher librement et les visiteurs n’étaient en général pas annoncés, si bien que souvent, lorsque nous venions lui rendre visite, nous le trouvions occupé à lire ainsi en silence, car il ne lisait jamais à haute voix. »

 

Aujourd’hui, les textes religeux ne représentent plus l’essentiel des lectures de nos contemporains. Alors pourquoi continuer à lire en silence ? Parce que cela va plus vite ? Pour ne pas déranger ses voisins ?

Je vous le dis tout-de-go, aucun argument n’est recevable. La rapidité conduit aux pires écueils, quant à ses voisins, je doute qu’une lecture à peine murmurée ne les choque.

A chaque fois que je croise un jeune lecteur, une jeune lectrice, ou ses parents, je les encourage à lire à haute-voix. La plupart reçoivent le message avec bienveillance. Ils comprennent que l’habitude de s’attarder sur chaque mot est une saine habitude. Et qu’à l’inverse buter sur un mot ou un son, c’est prendre le risque de glisser dessus et d’ouvrir la porte à négliger des phrases entières d’un texte que l’on juge inutiles dans un sens général. Seulement, si on lit, ce n’est pas pour capter le sens général d’un propos, sinon le monde des livres ne serait qu’un amas de résumés, de citations et d’idées simplifiées.

Nos enfants ont naturellement besoin de préparer leur cerveau à la délicatesse des subtilités du monde. L’immense éventail des mots mis à leur disposition est le meilleur des entraînements. Alors, offrons leur cette chance de faire corps avec chacun d’eux. Faisons-les lire à haute voix. Et faisons-le nous-même. Il n’y a pas d’âge pour lire et agir avec sagesse.

épiZ Tradition : vive le Papier !

Par Olivier Bruzek

La décision a été facile à prendre. Je me suis contenté d’appliquer le bon vieil adage des affaires : écouter ses clients. Et pouf ! Nous l’avons fait ! Désormais épiZ est disponible sur papier. Notre offre iPad, iPhone, Android ne change pas. Elle reste toujours à son prix incomparable de 3 euros par mois pour 28 épisodes d’histoires originales.

Une offre papier ?

Oui ! Et elle a pour nom épiZ Tradition !

Mais attention, il ne s’agit pas de n’importe quelle offre papier. En effet, épiZ Tradition permet aux enfants de recevoir par la Poste un courrier personnalisé et manuscrit, les aventures extraordinaires de nos héros. A l’heure où les Snapchats, Messenger, Instagram, Twitter, Facebook, Whatsapp rivalisent d’ingéniosité pour grignoter des parts de marché aux poids lourds du e-mail, notre démarche a de quoi surprendre. Et pourtant…

Recevoir une lettre unique, ornée de timbres de collection et d’un cachet de cire à l’ancienne ne laisse personne indifférent. Et surtout pas les parents, les parrains et marraines, les grands-parents qui, sensibilisés par les dangers des écrans à haute dose (http://www.atlantico.fr/decryptage/addiction-aux-ecrans-fleau-pour-jeunes-au-meme-titre-que-tabac-toutes-questions-qui-se-posent-quand-on-est-parent-francois-marie-2892653.html) souhaitent que les enfants se protègent le plus longtemps possible des risques inhérents à ce séduisant mode de diffusion. Certes, le plus grand danger à nos yeux reste et demeure la lumière bleue (http://www.lci.fr/sante/lumiere-bleue-avez-vous-besoin-de-vous-en-proteger-1564375.html). Aussi, offrir un temps de répit aux yeux des enfants afin qu’ils trouvent toujours plus de plaisir dans la pratique de la lecture est une évidence aux allures de must.

Donc, désormais épiZ Tradition est disponible pour la modique somme d’un euro par jour, soit 90 euros pour un trimestre en France. Chaque semaine, les parents recevront une grande enveloppe comprenant les sept enveloppes quotidiennes qu’il conviendra de distiller jour après jour à la petite fille ou au petit garçon qui pourront, ensuite, ranger leurs histoires dans un classeur (petit ou grand format) afin de les retrouver régulièrement.

Je dois vous préciser que cette offre ne sera pas seulement accessible aux seuls petits Français. Mais à quiconque disposant d’une adresse sur la planète Terre ! En effet, nous avons soupesé chaque lettre, trouvé les bons papiers, déniché les enveloppes à la fois légères et solides afin de pouvoir les envoyer aux quatre coins du monde au prix de 35 € par mois dans l’Union Européenne et de 42 € par mois pour le reste du monde.

D’ores et déjà, je tiens à remercier tous ceux qui nous ont fait confiance et qui continuent à nous faire confiance. A quelques semaines de Noël, je vois le nombre de nos commandes grimper. C’est extrêmement encourageant. Et c’est un immense hommage pour le temps passé à rédiger nos désormais centaines d’épisodes disponibles sans équivalents.

Pour vous inscrire, il vous suffit de m’envoyer un mail et je vous répondrais sur la marche à suivre. Vous verrez c’est simplissime comme de recevoir une lettre quotidienne !

Anciens et modernes

Par Olivier Bruzek

Tout est parti d’un papier publié cet été dans « le Monde » . L’édition campus du quotidien du soir, devenu flux électronique permanent du soir au matin, s’est appuyé sur une rigolote petite publication issue des petits cahiers de Pierre Larousse pour proposer un quiz en ligne sur les difficultés orthographiques. « Auriez-vous été bon en orthographe en 1870 » égraine 150 questions plus ou moins compliquées qui auraient toutes eu leur place dans l’une des dictées de Bernard Pivot. A moins de 5 €, je me suis lancé pour me tester. L’occasion était trop belle de m’évaluer par rapport à… mon arrière-arrière-grand-père.

Bon, alors. Avant de vous dévoiler le résultat, vous devez savoir une chose : je pense appartenir à cette catégorie de personnes attendries par « la grammaire est une chanson douce« .

OK. L’heure de la douche froide, maintenant. 150 questions : 102 bonnes réponses.  Je vous donne les résultats cliniques. ce qui fait, attendez, je pose trois, je retiens cinq et, en appliquant la racine carrée de l’âge du chef de gare moins la dérivée seconde de la pression atmosphérique relevée un jour de grande marée à Oulan-Bator, l’équivalent de… 24,3/20.

Non, je me suis trompé. Oui, je reprends. Ce qui nous fait 13,6/20. Mention bof.

Franchement, j’espérais (beaucoup, beaucoup, beaucoup) mieux. Là où je m’inquiète, c’est qu’au temps de ma splendeur lorsque j’étais jeune et beau journaliste talentueux au magazine « le Point », j’ai aligné pas moins d’un millier d’articles. Et qu’avec épiZ, j’ai quelques centaines d’épisodes à mon actif. Bref, JE NE SUIS PAS UN LAPEREAU DE SIX SEMAINES OPTION MAITRE CAPELLO.

Il n’empêche qu’en 1870, j’aurais eu droit au bonnet d’âne, au piquet, à la règle sous les genoux sur l’estrade et aux coups sur les doigts…

 

Mais pourquoi ?

Oui, pourquoi, sachant que je viens d’un milieu plus que favorisé, que j’ai eu la chance d’aller dans de merveilleuses écoles et de croiser le chemin de fantastiques enseignants ?

En fait, j’ai ma petite idée. Parce que dans les 150 questions posées par le fascicule Larousse se nichent des formes et du vocabulaire qu’on n’utilise guère plus. Bref, on étouffe la finesse et la diversité.

Tenez, un exemple. Question : « En France, les nobles se sont, pendant de longs siècles, (arroger) tout l’honneur national. » Comment doit-on accorder le verbe entre parenthèses ?

1- arrogé

2- arroger

3- arrogés

D’emblée, j’ai cliqué sur la réponse 3 : ils se sont arrogés. Badaboum ! NON ! c’était le choix 1. Et pour cause : « Le participe passé du verbe « s’arroger » ne s’accorde jamais avec le sujet. Il s’accorde par contre avec son C.O.D. quand celui-ci est placé avant le verbe : « les droits qu’ils se sont arrogés ».

Calmés ?

Mon problème vient, et je pense qu’il est commun à ma génération d’enfants nés à la fin des années 60, du fait que le système scolaire a tout voulu simplifier. Attention, les règles sont restées les mêmes, l’orthographe n’a pas été spécialement simplifiée. On ne nous a pas incité à voir plus loin que le petit bout de la lorgnette.

Au début du XXe siècle, une des leçons de morale écrite sur les tableaux noirs des écoles de la IIIe République rabâchait un principe essentiel : « si tu échoues, recommence ».

Cela va peut-être vous sembler vieux c*n d’écrire ça, mais lorsque je vois le cerveau des enfants et combien ce sont des éponges, je regrette qu’on ne les sollicite pas davantage. Le par-coeur peut sembler dérisoire, mais toutes ces poésies, toutes ces règles de grammaire sont des exercices qui, plus tard, vont être des tremplins lorsqu’il s’agira d’apprendre par coeur des listes de vocabulaires d’autres langues ou de métiers.

Notre Monsieur le Ministre de l’Education Nationale a proposé une petite réforme en ce sens.  Il voudrait que l’apprentissage de la division se fasse dès le CE1 et que les quatre opérations soient enseignées dès l’âge de 7 ans.

Oui ! Oui ! Oui !

Car enfin, ce qui est mauvais pour les enfants, c’est de ne pas leur faire rencontrer au plus tôt l’exigence. Personnellement, je ne suis pas partisan de l’autoritarisme excessif qui sanctionne l’échec à l’école. Ces petites tyrannies font plus de mal que de bien. En revanche, faire en sorte que notre progéniture côtoie une connaissance tous azimuts alors là, oui ! C’est le plus grand cadeau qu’on puisse leur faire pour aujourd’hui, demain et même après-demain.

De grâce, cessons de simplifier et de contourner les problèmes et prenons nos enfants pour ce qu’ils sont : des êtres prodigieux capables du meilleur dans un monde où notre civilisation a les moyens de leur offrir la quintessence de la connaissance.

Chiche ?