La guerre de Vendée

 

Le sujet divise largement les historiens. A plus d’un titre. Certains parlent des guerres de Vendée, d’autres de la guerre de Vendée. Certains y voient un authentique génocide, d’autres des opérations militaires, certes violentes, mais nécessaires.

Le soulèvement vendéen ne laisse personne indifférent. Et surtout pas les Vendéens eux-mêmes qui, deux siècles après les premiers soulèvement, ont repris le motif du Sacré Cœur comme emblème départemental.

Tous les historiens s’entendent sur la chronologie des événements. Les idées révolutionnaires qui ont germé à Paris avant de se répandre en France sont plutôt bien accueillies dans l’ouest de la France. A des lieues et des lieues de Paris, ce n’est pas tant la prise de la Bastille qui importe que le vote de deux lois symboliques : l’abolition des privilèges ainsi que la déclaration des droits de l’Homme.

La paysannerie locale y voit l’espoir d’une plus grande justice au niveau des impôts et du travail. Les provinces françaises (on ne parlait pas encore de départements ou de régions) étaient encore régies par la féodalité. Ce n’est pas l’Etat qui défendait le peuple de toute menace, mais un représentant local. En échange, on lui reversait le produit de taxes et d’impôts.

C’est bien cette pression fiscale en ces heures où la France crie famine et où les caisses sont vides qui amène le gros de la population à accueillir avec bienveillance les premiers pas révolutionnaires. En 1789, la France reste une monarchie où le roi demeure la personne la plus importante du pays et l’Eglise une institution qui relait la présence de Dieu sur Terre.

C’est la radicalisation révolutionnaire et notamment la Terreur qui vont projeter le pays dans le chaos. Tout commence par le vote de la nationalisation des biens de l’Église, le 2 novembre 1789. Les révolutionnaires qui, peu à peu, grâce à l’Assemblée nationale constituante, disputent toujours davantage de pouvoirs au roi, décident de s’approprier tous les biens de l’Eglise française. Ils deviennent ainsi propriétaires de toutes les églises, les abbayes, les cathédrales et de toutes les terres. Le duo Mirabeau – Talleyrand (pourtant évêque), derrière cette loi est de trouver une solution à l’endettement de la dette. En échange, l’Etat s’engage à payer les salaires des prêtres et à entretenir les biens qui ne seront pas vendus.

Tandis que la situation intérieure du pays empire, l’anarchie s’installe dans le pays. Les révolutionnaires se radicalisent. Une nouvelle étape est franchie le 13 février 1790 avec l’abolition des ordres religieux. Puis une autre, le 12 juillet 1790 avec le vote de la Consitution civile du clergé. Par cette loi, l’Eglise de France cesse de dépendre de Rome et du Pape. C’est l’État qui l’organise et la gère.

Les pays voisins, d’abord inquiets, mobilisent. Le roi tente de fuir, en juin 1791.  On finit par le juger en décembre 1792 lors d’un procès contestable. Il sera exécuté le 21 janvier 1793. Ces excès ont décidé les voisins de la France à intervenir.

L’armée royale devenue l’armée républicaine n’a guère de soldats de métier à leur opposer. Les révolutionnaires ordonnent la levée en masse des troupes. Il faut de toute urgence 300 000 hommes en arme. L’usage veut qu’on les tire au sort parmi les célébataires de 18 à 25 ans. Partout en France, des hommes sont sommés de s’engager afin de combattre pour la Nation, c’est-à-dire pour la République. Les Vendées refusent. Dès le mois de mars 1793, les premières insurrections éclatent : à Cholet,  à Machecoul, à Angers. Les paysans décident largement de prendre les armes pour combattre pour une République aussi jeune que violente.

A 19 ans, Henri de La Rochejacquelein, jeune chef militaire vendéen incarne la résistance à l’oppression des armées républicaines.

Les guerres de Vendée sont avant tout une révolte populaire avant de devenir une force militaire royaliste et contre-révolutionnaire. Ce n’est, en effet, que dans un deuxième temps que les paysans révoltés vont se mettre sous les ordres de jeunes militaires royalistes qui vont organisés les campagnes et les combats.

D’avril à juin 1793, les insurgés s’arment de fusils et de canons. Ils étendent leur emprise sur le grand ouest. La révolution prend peur. Elle ordonne le 1er août par la loi dite « d’anéantissement de la Vendée » de mettre un terme à l’autonomie de la région en armes. La loi républicaine doit y régner.

Si jusqu’à la fin de l’été 1793, les royalistes engrangent de nombreux succès, peu à peu la riposte des « bleus », les soldats révolutionnaires, s’affirme. Les armées contre-révolutionaires essuient des défaites toujours plus nombreuses et se mettent en déroute. L’automne, puis l’hiver va sonner leur glas. La guerre de Vendée proprement dite deviendra une guerilla. Les Républicains y commettront de nombreuses exécutions sommaires au nom de l’intérêt de l’État. Le conflit s’étendra jusqu’en 1796. On estime que près de 200 000 personnes y ont trouvé la mort, soit près d’un habitant sur cinq des régions concernées.