Vive la rentrée !

Par Olivier Bruzek

Ah ! La voilà venir l’heure du soulagement ! La rentrée est là et, enfin, les parents vont pouvoir souffler ! Avec les enfants de retour à leurs pupitres, l’école va retrouver sa délicieuse emprise sur nos chères têtes blondes.

J’ouvre une parenthèse.

(Attention à ne pas vous méprendre sur ce qui va suivre : j’aime bien l’école).

Je ferme la parenthèse.

L’école n’a pas le monopole de l’éducation, ni du savoir, ni des méthodes.

Oui, oui, j’en vois bien certains qui dodelinent de la tête, lorsque j’écris ça. Je ne suis pas né de la dernière pluie. Que les parents ou tuteurs qui n’ont jamais soufflé parce que l’école recommençait lèvent la main !

J’ouvre une nouvelle parenthèse.

(Ceux qui se sentent concernés par cet article sont dispensés de lever leur doigt en l’air.)

Je ferme la parenthèse.

Ah ! Vous voyez, on est bien content de l’avoir notre Education Nationale, même si quelques uns passent une bonne partie de leur temps à la vouer aux gémonies.

Mais attention. Il y a un petit danger au coin du bois. Je m’explique. Ou plutôt, je me répète.

L’école n’a pas le monopole de l’éducation, ni du savoir, ni des méthodes.

Autrement dit, même si l’école recommence, le job des parents se poursuit. Et je ne parle pas des devoirs, des leçons, bref, du suivi de ce qui se passe à l’école. J’évoque non pas le petit plus, mais le fondamental.

Vos enfants doivent lire. Et tout particulièrement autre chose que ce que l’école impose ou recommande. Les personnalités ne se forgent pas à l’aide de recommandations officielles. Il y a un terrain et il y a les rencontres que chacun croise dans sa vie. Les livres et leurs histoires sont les plus belles rencontres qui soient.

Alberto Manguel, l’immense essayiste de la lecture (si vous ne deviez en lire qu’un, je vous recommande l’inaltérable
« histoire de la lecture » chez Actes Sud a eu un jour ces mots :

« La lecture est une conversation avec un livre, un auteur, soi. Lire, c’est demander une présence. Lire, c’est découvrir, c’est aussi relire, au gré de ses désirs. C’est dialoguer avec le passé. C’est apprendre à penser, à repousser les limites, les nôtres, et même celles du livre que l’on lit. Lire, c’est rechercher les ambiguïtés, sans cesse se poser des questions. Et chaque fois que nous allons plus loin, nous nous éloignons d’une réponse facile. Dans la littérature, il n’y a pas de réponses monosyllabiques – oui, non –, que des espaces ouverts […] Lire, c’est apprendre sur soi, c’est appréhender le monde. C’est prendre la liberté, le pouvoir. »

Parce que tout est là. Tout est dit. Dans la lente et patiente histoires de chacun des enfants qui s’affranchit peu à peu de sa dépendance pour tendre vers l’autonomie, il y a ces deux moteurs : gagner sa liberté et trouver sa place dans le monde.

Oui, je prêche pour ma paroisse ! Il faut lire ! De tout ! des récits, des romans, des BD, des essais, des ouvrages de vulgarisation. De tout ! L’idée n’est pas nécessairement de créer des vocations. Elle est d’allumer les flammèches de l’intérêt, antichambre de toutes les passions. Et ça tombe bien, le choix n’a jamais été aussi important. A l’heure où je vous écris, ce mardi 5 septembre, 53 811 livres nouveaux ont été publiés depuis le 1er janvier 2017. Et cela ne tient pas compte des classiques des années précédentes, ni de la prolifique et enthousiasmante production d’épiZ ! Il y a donc tout le choix du monde !

Une idée de cadeau pour un enfant, un ado ou un jeune adulte ? Un livre ou un texte. Rien de tel que de laisser un billet dans une librairie en laissant un enfant avoir carte blanche ou de le laisser écouter les conseils avisés d’un libraire. Il en ressortira avec un livre, son livre, un texte dont vous n’aurez peut-être jamais entendu parlé. Mais qu’il sera ravi de partager le soir avec vous. Et croyez-moi, vous le savez aussi bien que moi, ces moments n’ont pas de prix !